Départ en trombe vers La Boissière, j'aime être légèrement en avance aux rendez-vous, j'ai besoin de sentir les lieux, observer, m'imprégner, autant dire que je déteste être en retard. Les autres
sont-ils déjà arrivés ? Je roule très vite sur la petite départementale qui serpente gaiement, comme tout s'accélère Ingrid, comme je rattrape ce temps hors de ta présence tangible à mes côtés ;
mon silence est interminable, suspendu à tes yeux doux et graves, il s'étire à l'infini de notre amour secret, l'horizon est clair, soleil. Le GPS s'affole et je n'ai plus de réseau sur mon mobile-
tourne en rond, perd le cap, et personne à qui demander son chemin. L'anxiété me gagne. Je saisis ta main, je dis ce qui me traverse l'esprit au moment présent et depuis si longtemps, je parle fort
: partons Ingrid ! Je fais demi-tour sur un chemin de pierres, je cloue le bec au GPS, au diable La Boissière ! Aujourd'hui est un autre jour.
FIN
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