Je n’ose regarder cet horrible spectacle qui se joue dans la fosse aux cochons et pars aussitôt en courant.
Je ne sais plus qui je suis, où je vis, Monique…3 qui la tiennent, 2 qui…euh pardon ! est en pleine métamorphose…nul ne peut me reconnaître désormais…cet élan de folie qui émane de ce corps sans
âme me pousse à courir à toutes pattes.
Le type me rattrape, il est hors d’haleine. « Dis toi la grosse truie, si tu dis un mot de tout ça, tu vivras la même fin que ma jolie Juliette ! Allez dégage, tu ne m’as jamais vu ! »
Je cours encore comme une folle sans me retourner et parviens enfin à ma voiture. Je suis dans un état lamentable, je ne me reconnais plus. Machinalement j’enclenche la première vitesse et suis ce
petit chemin de terre. Tout à coup, que vois-je dans mon rétroviseur : une gonzesse et un type en train de se marrer derrière un buisson, en train de se rhabiller aussi, complètement euphoriques
sans doute par ce coït endiablé qu’ils venaient de s’offrir ! Par contre ce qui me choque le plus, c’est de voir cet appareil photo pendouiller le long du cou de la gitane. Et si elle avait tout vu
??? Et si elle avait pris des photos de la scène ???
Un peu plus loin, je vois une main qui sort du fossé le long du chemin et qui semble appeler à l’aide ! Je décide alors de m’arrêter pour voir ! et puis non, je change d’avis et file devant moi,
secouée par tous ces trous…j’en ai ras le bol de tout ça, de ma vie, de ces crétins que je retrouvent là vingt ans après, de cette folie, de ces meurtres…et ce château, je ne le vois même pas ! De
toute façon, je ne peux pas me présenter dans cet état…faut que je me douche, que je me change…pffff et dans cette cambrousse !!! Je fais finalement demi-tour et c’est alors que j’entends des
sirènes de police retentir au loin…ZUT ! Je commence à trembler comme une feuille…je reviens à moi…ils viennent m’arrêter, c’est sûr…je suis perdue !
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