Vendredi 1 février 2008

J'ai faim, j'arrive à Blois, si j'en crois le plan joint à l'invitation je dois prendre un taxi jusqu'au lieu-dit « Le bouleau pleureur », je ne suis pas la seule à descendre mais la dernière car Justin Meunier et d'autres fonceurs Ray-Ban ajustées se précipitent avant moi. Sur le quai enfin, j'attends que toute cette horde disparaisse, très vite j'entends une explosion, je vois de la fumée, j'allume une cigarette et souris, il y a comme un arrière goût de la volaille qui s'agitait sans moi les premiers mois de la promo, beaucoup de bruit pour rien.
J'avise le restaurant de la place de la gare, je ne suis pas pressée, je tire sur le sweat de Samson, pas envie de m'enrhumer, j'ai besoin de toutes mes forces. Une omelette aux girolles et un verre de Cheverny. Je pense à lui… L'omelette est baveuse, le serveur loucheur. C'est encore Joey Starr qui glapit sur le mobile dans le sac de voyage, Samson essaye de m'appeler sans doute !

- Allô ? Mon chéri, oui, j'ai ton sac…
- Ingrid, c'est moi.
- Oui…

Là, je ne sais plus, j'ai reconnu la voix, mais je ne sais pas comment ni d'où ni rien…

- Samson est avec moi, je l'ai trouvé sur la route, non, oui, il va bien. Où es-tu ?
- A Blois. Au restaurant « Entre-Nous » près de la gare.
- Ne bouge pas. Nous arrivons.

Je ne comprends rien, et le hasard n'y est pour rien, je le sais. Je reprends un verre de Cheverny, et l'omelette refroidit.

Marian arrive, Samson se jette dans mes bras, rends-moi mon pull, rends-moi mon sweat, nous rions, nous embrassons, je présente Marian, ça va, te fatigue pas, on a causé dans la voiture, je sais que vous allez à un rendez-vous de vieux de la promo. Bon…

- J'appelle ton père.
- C'est fait, j'ai dit que j'étais avec toi.
- C'est impossible. Ce n'est pas un simple rendez-vous d'anciens, c'est un séminaire très ennuyeux dans une espèce de caserne désaffectée…

Dehors, des sirènes de pompiers retentissent. Je téléphone à mon ex, Samson reprendra le train pour Paris dans une heure le temps d'aller chez le coiffeur se faire couper la tignasse.
Marian ne dit pas grand-chose, il a raison, nous ne nous sommes jamais quittés.

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par Collectif public publié dans : Chapitre III, la rencontre.
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